Ce que Google Ads permet réellement
L’exclusion d’adresses IP se configure au niveau de la campagne, jamais au niveau du compte ni du groupe d’annonces. Chaque campagne dispose de sa propre liste, plafonnée à 500 entrées.
Une entrée peut être une adresse unique (203.0.113.42) ou une plage. C’est ce second point qui intéresse la plupart des annonceurs confrontés à du trafic venant d’un même réseau.
La procédure pas à pas
- Ouvrez la campagne concernée dans Google Ads.
- Cliquez sur Paramètres dans le menu de gauche.
- Déroulez la section Paramètres supplémentaires en bas de page.
- Ouvrez Exclusions d’adresses IP.
- Saisissez une adresse ou une plage par ligne.
- Enregistrez. La prise en compte est généralement effective en quelques minutes.
Répétez l’opération pour chaque campagne : il n’existe pas de liste partagée entre campagnes dans l’interface standard.
Les formats de plage acceptés
Google Ads accepte la notation CIDR ainsi que les astérisques :
203.0.113.0/24— les 256 adresses de 203.0.113.0 à 203.0.113.255203.0.113.*— équivalent au précédent, notation plus lisible203.0.*.*— 65 536 adresses. À manier avec une extrême prudence.2001:db8::/32— les plages IPv6 sont également acceptées
Une plage compte pour une seule entrée dans le plafond de 500. C’est l’intérêt principal de cette notation : exclure un réseau entier sans épuiser votre quota.
Le piège du masque trop large
C’est l’erreur la plus coûteuse, et elle est silencieuse. Exclure 203.0.*.* pour se débarrasser d’un seul visiteur gênant revient à bloquer potentiellement des dizaines de milliers d’abonnés du même fournisseur d’accès.
Le risque est d’autant plus élevé en France que les grands opérateurs attribuent dynamiquement leurs adresses : l’adresse du concurrent qui vous ennuie aujourd’hui sera attribuée à un client potentiel la semaine prochaine.
Règle pratique : restez en /24 au maximum, sauf si vous avez identifié avec certitude un bloc appartenant à un hébergeur. Un /16 sur une plage résidentielle vous coûtera plus cher que la fraude qu’il élimine.
Identifier à qui appartient une plage
Avant d’exclure quoi que ce soit, vérifiez la nature du réseau. Une adresse appartenant à un hébergeur ou à un centre de données peut être bloquée largement : aucun particulier ne navigue depuis un serveur. Une adresse appartenant à un fournisseur d’accès grand public exige au contraire la plus grande prudence.
Notre vérificateur d’adresse IP vous donne gratuitement l’opérateur, le pays et la nature de la connexion — proxy, VPN ou centre de données.
Les limites structurelles de cette méthode
Trois contraintes rendent l’exclusion manuelle insuffisante à elle seule :
- Le plafond de 500 entrées. Face à un réseau utilisant des adresses résidentielles tournantes, ce quota est atteint en quelques semaines, et il faut alors arbitrer entre les exclusions.
- La gestion campagne par campagne. Avec dix campagnes, chaque nouvelle adresse doit être ajoutée dix fois.
- L’obsolescence. Une liste constituée il y a six mois bloque aujourd’hui des adresses réattribuées à d’autres abonnés, tout en laissant passer les nouvelles.
C’est pour ces raisons que l’exclusion manuelle convient à un cas isolé et identifié, mais pas à une protection continue. L’API Google Ads permet d’automatiser l’alimentation et la rotation de ces listes — nous comparons les deux approches dans Script Google Ads ou API.
Vérifier que l’exclusion fonctionne
Une exclusion n’empêche pas la personne de visiter votre site : elle l’empêche de voir vos annonces. Vous ne verrez donc aucun changement dans vos journaux serveur si elle vient par ailleurs.
L’indicateur à suivre est la baisse des impressions et des clics attribués à cette source, visible dans les rapports de campagne dans les jours qui suivent. Pour aller plus loin sur le fonctionnement général de ces listes, consultez notre guide sur la blacklist IP Google Ads.